Archive pour la catégorie ‘Economie’

Dandy. Décision du tribunal de commerce lundi

Vendredi 27 juin 2008

Le tribunal de commerce de Lorient se prononcera lundi prochain sur l’avenir très incertain de Dandy, à Pontivy. Les salariés espèrent obtenir un sursis alors que le groupe Unicopa souhaite une fermeture rapide.
La production à l’usine Dandy de Pontivy a cessé depuis mercredi matin. Mais l’avenir du site se dessine encore en pointillés. Le tribunal de commerce de Lorient qui devait se prononcer, hier, sur le dépôt de bilan présenté par Unicopa, a mis son jugement en délibéré au lundi 30 juin. Le groupe, propriétaire du site de découpe de dindes, a demandé la liquidation immédiate, arguant d’un passif avoisinant les 18 M€. « La pression de la grande et moyenne distribution, représentant 95 % du marché, a imposé une réduction du prix d’achat depuis le début de l’année. Ces conditions s’ajoutaient à une hausse de plus de 30 % des matières premières pour l’élevage », explique la direction de l’entreprise. Mais la CGT s’étonne de cette décision soudaine. « Si la situation est si mauvaise, pourquoi ont-ils attendu aussi longtemps ? » De plus, la société n’avait pas effectué de démarche préalable auprès du tribunal de commerce pour demander un plan de redressement ou de sauvegarde.

Une sortie sous escorte policière
Selon les représentants du personnel, cette « précipitation brutale dénote une volonté de fermer le site dès juillet et de faire payer la charge des salaires par le fonds national de garantie ». Par la voix de son avocat, la CGT réclame l’ouverture d’une procédure de redressement et la nomination d’un administrateur afin d’explorer toutes les pistes possibles de reprise. Mais aussi préparer un plan social. En attendant la décision du tribunal de commerce, les salariés ont décidé de poursuivre l’occupation de l’usine. « On ne lâchera pas », préviennent-ils. Mais avant de rallier Pontivy, les 80 salariés qui s’étaient déplacés à Lorient n’ont pas pu s’empêcher de crier leur colère à la face du P-DG d’Unicopa. Daniel Sauvaget, qui espérait une sortie discrète par une porte dérobée, a dû quitter les lieux sous escorte policière et prendre la mesure du désarroi des ouvriers menacés par le spectre du chômage.

Travailler en Inde pour 320 € mensuels, c’est ce que proposent deux annonces sur le site de l’ANPE

Samedi 3 mai 2008

Deux offres d’emploi, consultables sur le site Internet de l’ANPE depuis le 23 avril, commencent à défrayer la chronique. Et pour cause, les postes ne sont pas à pourvoir en France, mais à l’autre bout du monde.
A Pondichéry, exactement, ville côtière du sud-est de l’Inde située à quelque 9 000 km de Paris ! Bel exemple de mobilité géographique au moment où le gouvernement entend obliger les chômeurs à élargir le périmètre de leurs recherches d’emploi…

Les contrats proposés sont des CDI d’agent de maîtrise dans une entreprise de plus de 5 000 salariés spécialisée dans l’informatique. Est-elle indienne ou française ?

Invoquant la confidentialité, l’ANPE ne veut révéler ni le nom ni la nationalité du recruteur. Titulaires d’un BTS ou d’un DUT en informatique, les candidats peuvent être débutants à condition, toutefois, de parler anglais couramment. Rien que de très classique. Sauf que la rémunération, elle, est très « couleur locale » : entre 10 000 et 20 000 roupies par mois. Soit près de 320 €, soit 3 840 € par an…

Un salaire correct pour l’Inde, mais qui, forcément, est largement inférieur aux 20 000 € annuels auxquels, à qualification égale, un informaticien peut prétendre en France.

Des ingénieurs indiens plutôt sceptiques

« En tant que service public, nous avons l’obligation de publier toutes les offres que nous recevons dès lors qu’elles respectent les obligations légales du pays concerné », se défend-on à l’ANPE, avant d’ajouter que « si un cadre confirmé ne sera pas forcément intéressé par l’annonce, un jeune, lui, pourra être tenté par une expérience à l’étranger ».

Tout juste reconnaît-on que les candidats potentiels bénéficieront d’une couverture sociale « locale » et auront donc tout intérêt à négocier « certains avantages » avec leur futur employeur.

Il n’empêche, ces deux annonces ne laissent pas d’étonner, tant l’Inde, a priori, ne manque pas de main-d’oeuvre. Surtout, dans le secteur informatique dont l’industrie locale, à l’image du géant Infosys, s’est fait une spécialité . C’est pour cette raison que Barane Anandane, ingénieur indien qui partage son temps entre la France et Pondichéry, ne croit pas une seule seconde que cette offre émane d’une entreprise locale.

« Outre le fait qu’il est difficile, pour un étranger, d’obtenir un visa d’une durée de plus de six mois, estime cet Indien de 47 ans qui dirige une entreprise d’informatique, je suis persuadé que ces offres émanent d’un groupe français qui ne veut pas dire son nom. Pour la bonne et simple raison que ce type de profil, ça court les rues en Inde. C’est plutôt dans le hardware ou la programmation appliquée aux métiers des télécoms que le personnel manque. » Alors, qui veut délocaliser des travailleurs français à un prix super-discount ?

source : le Parisien