Compte rendu de la rencontre NPA Bretagne sud
le NPA du Morbihan (représenté par Fréderique, Serge, Denis, Alain, Florent et Franck) a été accueillis très chaleureusement par les camarades du Finistère, un grand merci à eux (sections NPA du Finistère) pour tout. Cette rencontre a été super bien organisée. Je tiens aussi à demander de l’indulgence à propos de ce compte rendu, mais la soirée de samedi ayant étée assez joviale (j’ai pas trouvé mieux comme mot pour dire que le Morbihan, bien que peu représenté n’a comme d’habitude laissé personne indifférent…), la relecture de mes notes est parfois surprenante.
Les débats engagés au cours de cette rencontre tournaient autour de quatres thèmes : santé, libertés individuelles, écologie et précarité.
Mes comptes rendus ne concernent que les débats sur l’écologie et sur les libertés individuelles, du fait que je n’ai participé qu’à ces deux débats. Merci à Janine de Quimper pour son compte rendu du débat sur la précarité ( les plus subtils d’entre vous remarquerons une différence de style dans la rédaction ).
Débat “écologie” :
Trois thèmes essentiels sont mis en avant dans ce débat : l’eau, l’air et la nourriture.
il est rappelé que le peuple de France (et de Bretagne, donc) s’est fait bien avoir avec la privatisation de l’eau (Veolia, Suez…) et qu’il est évident que nos dirigeants capitalistes (et leurs copains qui dirigent des multinationales) envisagent de privatiser l’air… ça semble con, comme ça, mais c’est tellement évident… on commence par polluer, et ensuite, on facture le traitement qui permet de nettoyer… Le truc basique, en fait.
Il semble (c’est même plus que sur) que l’écologie ne peut-être qu’anticapitaliste. à ce propos, je peux diffuser le reportage sur les écolos-tartufes, qui est très intéressant… en clair, quand le capitalisme sera vaincu, il sera plus évident de résoudre les problèmes écologiques. Il est précisé que non content de n’être pas capable de lutter contre toute forme de pollution, le capitalisme productiviste en est la cause…
Beaucoup d’insistance aussi sur la régionalisation des luttes dans ce domaine : en effet, une région comme la nôtre a des spécificités fortes, souvenons nous du refus catégorique du nucléaire ( et de Plogoff ), nous avons no propres problèmes de qualité de l’eau, nous avons aussi nos pécheurs, nous devons aujourd’hui nous battre contre la volonté de privatisation des voies expresse, les bretons les moins riches sont chassés des bords de mer par les promoteurs… Bref, personne d’autre que nous n’est apte à défendre nos causes. Mais si les luttes doivent être régionales, les réponses doivent être internationales.
Il faut aussi remarquer que depuis peu, depuis que l’écologie est le dernier truc à la mode, on assiste à une culpabilisation systématique du citoyen… c’est inacceptable. ça l’est d’autant plus que seul 4% des déchets sont produits pas les gens, le reste étant à mettre au compte des industriels et des agriculteurs (source : le canard enchaîné du 17 septembre 2008).
Alors arrêtons de dire qu’il n’y a pas de solutions. Il y en a plein de solutions. Commençons par relocaliser nos productions… c’est honteux de trouver sur les étales de nos super marchés des oignons venus de Nouvelle Zélande ou de l’ail d’Israel. Révolutionnons le monde du travail (les 3/8, les 5/8 et tout ce genre de trucs, non content de tuer à petit feu les ouvriers a un impact direct sur la pollution… Quoi qu’on produise, la façon de le produire doit être écologiquement correcte.
La question, c’est quoi mettre dans notre programme :soyons une force de proposition. Et n’ayons pas peur de montrer du doigt tous ces usurpateurs, ces écolos bobos, qui on fait le Paris Dakar en 4×4, qui sont incapable de prendre une photo s’il n’ont pas d’hélicoptère, et qui nous donnent des leçons…
La réunion sur l’écologie se termine sur une petite touche d’humour : l’homme doit être une sorte de filtre de la pollution : il doit en absorber plus qu’il n’en rejette… en gros, l’homme doit devenir une moule (et oui…)
Voila pour l’écologie.
Debat “libertés individuelles” :
Vincent ouvre ce débat en lisant l’éditorial de Michel Onfray paru dans Siné Hebdo du 17 septembre 2008. Dans cet édito, Onfray nous rappelle que Edvige n’est qu’un leurre. En effet, ce n’est pas la première loi liberticide que nous subissons. On en dénombre au moins 14 nouvelles depuis 2000. Sans compter la possibilité pour la police (entre autre) d’utiliser à votre insu votre téléphone mobile comme enregistreur… sans compter aussi les 4 millions de demande de mise sur écoute rien que pour l’année 2007… Sans compter les puces RFID qui commencent à arriver sur nos bambins.
Il faut absolument savoir dire NON, et quand on dit non, on gagne. Vincent estime qu’il faut agir, et tant pis si ça se termine en garde à vue. Il est en effet assez facile d’être beaucoup plus nombreux que les forces de l’ordre lors de nos manifs. Nous ne sommes pas violent, mais nous devons répondre à la violence étatique. Leur système ne survit que parce qu’il est violent. Mais il a peur… pour lui, les jeunes sont potentiellement dangereux, c’est pourquoi les projets “base élève” et “edvige” (et sans doute d’autres à venir).
En outre, nous ne pouvons pas accepter que des jeunes se retrouvent en tôle (Jean Marc Rouillant a apporté une contribution très intéressante dans ce sens). Mais ne nous leurrons pas : nous ne nous battons pas contre Sarkozy, mais contre EUX en général… Et nous avons le pouvoir (la lutte de nos camarades de Carhaix nous le prouve).
A propos des fichiers de l’état nous concernant, une vrai question se pose, et les accointances de l’état et du patronat peuvent nous poser la question : les patrons ne vont-ils pas avoir accès à ces fichiers, pour pouvoir par exemple discriminer encore plus facilement à l’embauche ? Ne va-t-on pas finir par se faire virer de nos boites parce qu’on est homosexuel, musulman, ou même (si si, il y en a) d’ “extrême” gauche ?
Alors il faut lutter, mais il faut aussi et surtout de la pédagogie. Il faut que nous soyons capable d’expliquer aux gens ce qui se passe. A ce propos, quelqu’un a noté qu’il n’existe plus de réelles affiches politiques dans notre pays. Ce serai une bonne chose de s’approprier ces moyens de communication.
La guerre aux pauvres est ouverte, et la pensée unique nous empeche de dire ce que nous pensons : impossible d’employer le mot “juif” sans se faire taxer d’antisemitisme, affaire Siné, affaire des caricatures… Il faut que ça cesse… Et nous gagnerons (comme le dit Keny Arkana, “ils ont le chiffre, on a le nombre…”) .
Débat “précarité” (merci à Janine de Quimper pour ce CR) :
Etaient présents 34 membres issus des 9 comités NPA de : BREST, LORIENT, QUIMPER, CARHAIX, NANTES, QUIMPERLE, CHATEAULIN, MORLAIX et CROZON
Nous avons engagé le débat par une mise au point sémantique qui curieusement n’est pas évidente pour la majorité gouvernante, sous la relative élégance pudique du mot précarité, se cachent : la pauvreté, l’exclusion et pour un temps encore limité, la marginalité.
Un rapide historique des « systèmes de réinsertion » mis en place depuis les années 80 par les pouvoirs successifs : quand Sécurité Sociale était synonyme de Solidarité Sociale et que le patronat dans les années 70 a commencé à perdre des profits face à la hausse des salaires, il a été mis en place une politique de cloisonnement social. En parallèle à l’hémorragie massive des licenciements économiques qui commençait, les gouvernements ont développé toute une palette de « mesures sociales » de compensation – parmi celles-ci, fin des années 80, en 1988, Michel Rocard crée le R.M.I.
Son financement par l’impôt entraîne fatalement un cloisonnement au sein des travailleurs et porte un coup fatal à la solidarité sociale du monde du travail. Désormais on se positionne en travailleur respectable ou Rmiste assisté.
Il existe d’autres mesures, plus ou moins insidieuses à l’origine du fractionnement de la solidarité salariale, notamment les différentes manipulations du SMIC (du SMIC horaire au SMIC mensuel) ; dans les années 2000, le choix était proposé aux entreprises entre l’application de pas moins de 7 SMIC, toujours compensé de toute façon par l’allègement des charges patronales. Les dérives de l’application de la loi des 35 heures et les manipulations du calcul du SMIC ont davantage accentué les cloisonnements sociaux : le chômeur, celui qui vient du travail et espère y retourner est devenu Rmiste, celui qui n’a jamais travaillé ou si peu ; on est vraiment dans le clivage organisé, destructeur. Tout comme smicard horaire ou smicard mensuel, chez Renault ou chez l’artisan, à Paris en banlieue ou en province il est de plus en plus difficile de s’y retrouver.
Comment ne pas reconnaître, alors que la France maintient son rang de 5ème de puissance économique dans le monde, que la politique capitaliste de nos gouvernants associés au patronat, vise à la construction volontaire d’une société en situation de survie ?
Le coût du travail baisse et pour calmer la grogne sociale, on met en place des statuts de salariés de différentes zones ; les repères sont flous, les rouages compliqués et entraînent un désarroi général souvent accentué par une pression à tous les niveaux : il faut sans cesse justifier de ses droits, fournir des documents sous prétexte de directives de contrôle, sans explication des services demandeurs. Le but est vite atteint dans ces conditions, forcément à un moment, l’assisté, le marginal, le chômeur… est coupable de ne pas mériter ce qui lui a été attribué !! Ces pressions sont insupportables quand la réalité du quotidien est comment payer le loyer, le gaz, l’eau, l’électricité, la cantine, le carburant pour aller travailler ou chercher du travail. Elles sont insupportables pour les familles, terrifiantes et anxiogènes pour les plus fragiles, les femmes et les hommes seuls, les malades, les personnes isolées, les jeunes avec ou sans formation. Nous ne sommes pas des spectateurs, au sein du NPA, ces situations sont évoquées par des personnes qui les vivent.
Pour comble et ce n’est sûrement pas la fin des mesures gouvernementales, nous arrive le RSA, mesurette quant à son impact sur l’insertion dans le monde du travail des Rmistes et autres laissés pour compte, mais destructrice par rapport à l’ancien mode de calcul et d’attribution d’un complément de salaire ; de plus, ce projet de loi est accompagné d’un décret visant à contrôler systématiquement le train de vie des allocataires de minima sociaux, ceux-ci étant bien entendu considérés comme des fraudeurs potentiels.
En clair, ce décret autorise la CAF ou tout autre service de la Sécurité Sociale, à faire des contrôles de votre « train de vie » avec ou sans votre accord, afin de justifier ou de supprimer n’importe quelle prestation sociale dont vous êtes bénéficiaire.
Au temps jadis, les travailleurs sociaux montaient des dossiers en recherche d’un maximum de droits et d’allocations en rapport avec la situation des usagers dont ils avaient la charge ; aujourd’hui, on leur demande, à l’aide d’enquêtes ou de questionnaires pernicieux, de traquer le « fraudeur » ; le maître-mot est économie coûte que coûte. La problématique est identique et sera même amplifiée par les nouveaux schémas de compétences de l’ANPE ; à ce jour, les conseillers ANPE font de la « prescription » : « vous prendrez dans un premier temps un petit C.A.E. (contrat accompagnement Emploi), suivi du CES (contrat emploi solidarité), pourquoi pas un stage peu ou pas rémunéré mais tellement formateur… et après ? Cherchez la case minima sociale dans laquelle vous pouvez entrer et bonne chance… !! Ce sont les ordres, les nouvelles directives, fortement impulsées par les demandes du MEDEF qui vise à une refondation sociale : d’un côté les employables, en face les non-employables, les uns comme les autres, unis dans cette notion du moindre coût.
Il faut avoir à l’esprit qu’un employable d’aujourd’hui risque à tout moment de devenir inemployable, la précarité n’est plus et sera de moins en moins un phénomène marginal.
Nous sommes tous concernés, le temps est venu du réveil des consciences, le temps est venu de la fédération générale autour d’un parti politique qui osera les actions visant à la déconstruction systématique des propositions scélérates du gouvernement. La réflexion et l’action dans l’union doivent nous amener à porter un message d’espoir et de résistance.