Dandy. Deux mois de sursis pour les salariés

Après la colère et le désarroi, l’espoir renaît du côté des salariés de Dandy à Pontivy. Le tribunal de commerce de Lorient a accordé un sursis de deux mois à l’usine de découpe de dinde.
Le jugement du tribunal de commerce de Lorient a été accueilli hier matin par des cris de joie et des applaudissements nourris des salariés. En plaçant l’usine Dandy en redressement judiciaire avec une période d’observation de deux mois renouvelable, la juridiction a suivi la demande du personnel soutenu par la CGT et rejeté celle d’Unicopa. Le groupe, propriétaire de l’usine de découpe et conditionnement de dinde, avait réclamé jeudi dernier une liquidation judiciaire immédiate.

« Victoire psychologique »
Si le tribunal reconnaît une situation difficile, due essentiellement à la crise dans la filière dinde, il refuse pour l’heure d’envisager la fermeture du site. « Il ressort incontestablement que le redressement de la société Dandy s’avère délicat puisque les pertes mensuelles avoisinent les 500.000 €, ce qui ne saurait perdurer. Néanmoins, il n’apparaît pas établi qu’il faille, dès à présent, prononcer la liquidation judiciaire de cette entreprise dès lors qu’il peut y avoir, éventuellement, des solutions de reprises non encore explorées.
Certes, l’avenir des 238 salariés de Dandy demeure incertain. Mais ils veulent s’accrocher à ce sursis. « Le Pdg d’Unicopa a perdu. C’est une victoire psychologique pour le personnel. Les salariés vont pouvoir rentrer chez eux la tête haute », se félicite le secrétaire de l’union départementale CGT. « Durant cette période, les salaires ne seront plus à la charge de l’entreprise mais du régime de garantie. Nous avons bon espoir de relancer le site », ajoute le représentant de la CGT. Mais avec quelle production ? L’activité de Dandy, qui traitait 300.000 dindes par semaine, a été transférée ailleurs.

« L’outil est prêt »
Ce sera le premier chantier de l’administrateur judiciaire désigné par le tribunal de commerce qui s’est fixé dix jours pour reprendre l’activité. « L’outil est prêt. Il a été entretenu durant toute l’occupation du site par les salariés », affirment les délégués.

Passer le cap de l’été
Mais cette détermination ne suffira pas à remplir les carnets de commande et passer le cap de l’été. « Mon rôle est de trouver une solution dans un contexte difficile. Il faudra ouvrir toutes les portes », rappelle Sophie Gautier. Elle assurera seule l’administration de l’entreprise et… les tours de table pour négocier une éventuelle reprise ou un autre sursis auprès du tribunal de commerce qui rouvrira le dossier le 4 septembre prochain.

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